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Tout comme les associations d'usagers, telles que l'AUT-IdF (Association des usagers des transports – Ile-de-France), l'ATPS (Association pour l'amélioration des transports du plateau de Saclay) et le COURB (Comité des Usagers du RER B en Vallée de Chevreuse), nous l'avons dit, redit et répété, et cela depuis de longues années : en matière de transports franciliens, la première priorité est celle de la rénovation et la modernisation des lignes de transport collectif, en particulier les lignes de RER. Pour le territoire du plateau de Saclay, cela concerne les RER B et C.

 

 

Les débats publics autour des projets de réseaux de transport du Grand Paris l'ont amplement montré également : avant de se lancer dans des programmes de lignes nouvelles comme le Grand Paris Express, il faut de toute urgence rénover les lignes existantes, qui souffrent d'un manque d'investissements de modernisation depuis des dizaines d'années bien que leur fréquentation augmente sans cesse. Rappelons aussi qu'en novembre 2010, la Cour des comptes avait vertement critiqué la gestion du réseau de transport ferroviaire francilien, en particulier du réseau RER, soulignant qu'"une priorité dans l’affectation des ressources disponibles doit être donnée à la modernisation des lignes existantes."

Dans son édition du 11 novembre 2011, le quotidien Le Monde y a consacré un article intitulé Les prisonniers du RER, titrant : "Plus de 3 millions de voyageurs se pressent chaque jour dans les rames du RER, exaspérés par les retards et la promiscuité. Un système au bord de l'implosion. Pourtant aucune amélioration rapide ne se profile." Il donne les estimations de la RATP et de la SNCF, cogestionnaires du réseau francilien, quant aux fréquentations journalières des différentes lignes : 1.000.000 sur la ligne A, 800.000 sur la B, 500.000 sur la C, 600.000 sur la D et 300.000 sur la E. L'article cite aussi Guillaume Pépy, président de la SNCF, plaidant pour une réflexion de fond sur l'urbanisme en Ile-de-France car constatant que : "On ne cesse d'installer des entreprises, des bureaux, des sièges sociaux le long de lignes de RER déjà saturées."

Devant le tollé de protestations de la part des usagers et des élus, l'Assemblée nationale a finalement décidé de mettre en place, début décembre 2011, une commission d'enquête parlementaire "relative aux modalités, au financement et à l'impact sur l'environnement du projet de rénovation du réseau express régional d'Ile-de-France". Présidé par le député Daniel Goldberg, elle compte parmi ses 29 membres les députés Pierre Lasbordes, Yves Vandewalle et François Lamy. Ce dernier, député-maire de Palaiseau et président de la CAPS, est l'un des quatre secrétaires de la commission et s'y intéresse plus particulièrement aux lignes RER B, C et D ; il souhaite "faire entendre la voix de tous les usagers de ces lignes de transport essentielles pour les déplacements en Ile-de-France".

La commission doit rendre son rapport en mars 2012 après avoir auditionné les associations d'usagers, les syndicats, des experts, les dirigeants de la RATP et de la SNCF et les ministres concernés. L'audition des associations d'usagers (dont l'AUT-IdF et le COURB) a eu lieu le 11 janvier. L'ensemble des auditions est disponible en vidéo sur le site de l'Assemblée nationale.

Pendant ce temps, les choses n'avancent pas vite. Le 7 décembre 2011, le STIF a lancé les études du Schéma directeur du RER B Sud, confiées à la RATP, la SNCF et RFF, ainsi que les études pour le doublement du tunnel Châtelet-Gare du Nord, confiées à RFF. Ces deux séries d'études devraient s'achever fin 2012. Quant à la réalisation éventuelle des travaux et leur financement … l'avenir est loin devant nous. Le tunnel Châtelet-Gare du Nord, partagé entre les RER B et D, est un goulot d'étranglement bien connu, mais son doublement pose des problèmes techniques ardus, donc longs et onéreux à résoudre. Il y a tout de même une bonne nouvelle côté RER C : le STIF a approuvé le projet de réaménagement de la gare de Versailles Chantiers, nœud important du réseau ferroviaire francilien ; les travaux débuteront en 2013 et dureront trois ans.

En complément aux associations d'usagers, les maires de la plupart des communes traversées par les branches sud du RER B se sont également regroupés en association pour faire entendre leur voix. Cette association, Les villes du RER B Sud, regroupe des élus de Massy, Bures-sur-Yvette, Gif-sur-Yvette et Villebon-sur-Yvette dans l'Essonne, Saint-Rémy-lès-Chevreuse dans les Yvelines, Antony, Le Plessis-Robinson et Sceaux dans les Hauts-de-Seine, Arcueil et Cachan dans le Val-de-Marne. Elle a été créée en septembre 2010 à l'initiative de Vincent Delahaye, maire de Massy, qui en est le président. On peut toutefois noter que l'accroissement notable de la population massicoise (+15.000 habitants) n'est pas de nature à faire diminuer la saturation de la gare de Massy-Palaiseau…